Comment la conception influence-t-elle la qualité de vie ? Nous vous montrons comment STARC et Optibim travaillent la lumière naturelle, l’air intérieur, le confort d’été et l’acoustique. Nous partons des normes belges et de relevés précis de l’existant.
On parle souvent de mètres carrés, de budget et de délais. Pourtant, ce que les occupants retiennent d’un logement, c’est une sensation : une pièce lumineuse, une chambre calme, un séjour qui reste frais en juillet. Dans cet article, nous vous ouvrons les portes de nos bureaux de Gembloux pour montrer comment STARC et Optibim transforment cette sensation en décisions de conception.
Le bien-être se joue dès les premiers traits
Chez nous, la plupart des choix qui comptent pour le confort sont faits très tôt. L’orientation, la profondeur des pièces, la taille et la position des baies, l’emplacement des gaines : tout cela est fixé en esquisse. Corriger ces choix après le permis coûte cher. Au chantier, c’est souvent impossible.
C’est pourquoi, dès la première réunion, les architectes de STARC travaillent avec les ingénieurs d’Optibim. L’architecte dessine l’espace. L’ingénieur vérifie en parallèle ce que cet espace donnera en hiver, en été, de jour comme de nuit. Ce dialogue permanent est la base de notre méthode.
Les textes vont d’ailleurs dans ce sens. Selon le SPW Énergie, la réglementation PEB wallonne vise à garantir des bâtiments plus sains, plus confortables et plus économes en énergie. Le confort n’est donc pas un bonus : il fait partie de l’objectif.
La lumière naturelle, notre premier réflexe
Une pièce bien éclairée par le jour change le quotidien. Elle réduit aussi l’éclairage artificiel. Pour évaluer nos propositions, nous nous appuyons sur la norme européenne EN 17037, qui traite de quatre dimensions de l'éclairage naturel : la quantité de lumière naturelle, la qualité des vues par les fenêtres, l’exposition à la lumière du soleil et la protection contre l’éblouissement.
Concrètement, en phase d’avant-projet, nous vérifions :
- la profondeur des pièces de vie par rapport à la hauteur des fenêtres (une pièce très profonde avec des baies basses reste sombre au fond) ;
- la vue sur l’extérieur depuis les postes assis, pas seulement debout ;
- l’ensoleillement réel, en tenant compte des bâtiments voisins et de la végétation ;
- le risque d’éblouissement dans les bureaux à domicile et les pièces orientées ouest.
En rénovation de fermes ou de maisons anciennes, la lumière est souvent le point faible. Les murs sont épais et les baies étroites. Ouvrir une façade en pierre bleue ou en brique demande alors un vrai dialogue entre l’architecte, l’ingénieur stabilité et, souvent, l’urbanisme.
L’air et le confort d’été, le travail discret d’Optibim
Un bâtiment très isolé et étanche à l’air doit être bien ventilé. Sinon, l’humidité et les polluants s’accumulent. Le SPW Énergie rappelle que, depuis le 1er janvier 2021, tous les bâtiments à construire doivent être Quasi zero énergie - QZEN. Ce niveau d’exigence rend la ventilation encore plus déterminante pour la santé des occupants.
Chez Optibim, cela se traduit par plusieurs étapes :
- un dimensionnement de la ventilation pièce par pièce, avec des bouches placées loin des lits et des passages de gaines prévus dès les plans ;
- une attention au bruit des groupes de ventilation, que les occupants coupent parfois quand il est trop fort (c’est le pire scénario) ;
- un test d’étanchéité à l’air (blowerdoor) qui permet de repérer les fuites avant les finitions, quand elles sont encore faciles à corriger ;
- une analyse du risque de surchauffe dans le calcul PEB.
Le confort d’été est devenu un vrai sujet. L’Union Wallonne des Architectes signale que les évolutions de la méthode PEB en 2026 intègrent notamment la valorisation élargie des systèmes de refroidissement passif. Nous privilégions toujours cet ordre : protections solaires extérieures, inertie, ventilation de nuit, puis seulement ensuite un éventuel refroidissement actif. Pour vous donner un ordre de grandeur en rénovation, un bureau de contrôle estime qu’un ensemble de protections solaires, de pilotage et d’ouvertures sécurisées de nuit coûte 6 000 à 17 000 € selon le niveau d’équipement. Ces chiffres sont à affiner pour chaque projet.
Le calme se dessine aussi
Le bruit des voisins est l’une des premières sources de conflit en copropriété. Il se traite surtout en conception. En Belgique, la référence est la norme NBN S 01-400-1. En juillet 2022, une version révisée de la norme NBN S 01-400-1 reprenant les critères acoustiques pour les bâtiments résidentiels a été publiée. Les critères de la norme révisée s’appliquent en tant que règles de bonnes pratiques aux bâtiments d’habitation dont la demande de permis d’urbanisme a été introduite après le 1er janvier 2023.
Dans nos immeubles d’appartements et nos reconversions de bureaux en logements, nous regardons en particulier :
- la superposition des pièces (éviter un séjour au-dessus d’une chambre voisine) ;
- les chapes flottantes et la désolidarisation des planchers ;
- le passage des descentes d’eaux usées et des gaines techniques ;
- l’isolation de la façade côté rue.
En rénovation, les performances de la norme ne sont pas toujours atteignables. Le Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement précise alors que l'auteur de projet doit alors en informer le maître d'ouvrage, par écrit et avant le début des travaux. Nous le faisons systématiquement. C’est une question d’honnêteté envers vous.
Partir du bâtiment réel, pas d’un plan approximatif
Bien concevoir un espace existant suppose de le connaître précisément. Les plans d’archives sont souvent faux de quelques dizaines de centimètres, parfois davantage. Pour une ferme en carré ou un immeuble bruxellois du début du siècle dernier, ces écarts changent tout : hauteur sous plafond, position d’une poutre, possibilité d’ouvrir une baie.
C’est le rôle de BimBot, notre service de relevé. Le scanner 3D, le drone et la photo 360° fournissent une maquette fidèle de l’existant. Nos architectes peuvent alors tester la lumière, les circulations et l’agencement sur une base fiable. Résultat : moins de surprises sur chantier et des espaces qui tiennent leurs promesses.
À Bruxelles, le cadre urbanistique évolue lui aussi. Le futur règlement régional d’urbanisme Good Living s’articule autour de trois chapitres : les espaces ouverts, l’urbanité et l’habitabilité. Son calendrier d’adoption a connu plusieurs reports. Pour chaque dossier, nous vérifions donc le texte applicable à la date de dépôt du permis.
Ce que nous vérifions avant de valider un plan
Voici, en résumé, la grille que nous passons en revue en interne avant de présenter un avant-projet :
- chaque pièce de vie reçoit-elle assez de lumière naturelle et offre-t-elle une vue ;
- les chambres sont-elles protégées du bruit de la rue et des voisins ;
- les façades exposées sud et ouest disposent-elles d’une protection solaire extérieure ;
- la ventilation est-elle intégrée aux plans, avec des gaines réalistes ;
- les espaces extérieurs (terrasse, jardin, noue plantée) sont-ils réellement utilisables ;
- la gestion des eaux pluviales est-elle pensée comme un atout paysager et pas comme une contrainte.
Aucun de ces points n’est spectaculaire. Ensemble, ils font la différence entre un logement conforme et un logement où l’on se sent bien.
Vous avez un projet de construction, de rénovation ou de reconversion en Wallonie ou à Bruxelles ? Parlons-en tôt, au moment où les choix qui comptent pour votre confort sont encore ouverts. Les équipes de STARC et d’Optibim vous reçoivent à Gembloux (Sauvenière) pour examiner votre projet, de l’esquisse aux études techniques.
Frédéric Odent, administrateur
