En Wallonie comme à Bruxelles, l'eau de pluie se gère désormais à la parcelle. STARC et Optibim vous expliquent les règles en vigueur, les solutions concrètes (noues, toitures stockantes, citernes) et notre méthode, du relevé au certificat.
En ville, chaque mètre carré de toiture ou de parking renvoie l'eau de pluie vers l'égout. Les orages deviennent plus violents, les sécheresses plus longues, et la réglementation a suivi. Voici comment STARC et Optibim intègrent la gestion de l'eau dans vos projets, de la maison mitoyenne à l'immeuble d'appartements.
Pourquoi l'eau se pense dès l'esquisse
Un repère simple : 1 mm de pluie sur 1 m² donne 1 litre d'eau. Une toiture de 100 m² reçoit donc 2.000 litres lors d'une averse de 20 mm. Si toute cette eau part au réseau en quelques minutes, les égouts saturent et les caves du quartier trinquent.
Le sol imperméabilisé pose un second problème. En empêchant l'infiltration naturelle dans les sols, elle réduit la recharge des nappes aquifères. Autrement dit, la même ville subit à la fois les inondations et le manque d'eau.
C'est pour ça que nous traitons l'eau en même temps que l'implantation, les niveaux et les abords. Une noue ou une citerne ajoutée à la fin coûte plus cher et fonctionne moins bien qu'un dispositif prévu dès le départ.
Ce que prévoit la réglementation wallonne
En Wallonie, le principe est clair. Depuis le 1er janvier 2017, le Code de l'Eau wallon impose de gérer les eaux pluviales à la parcelle, selon un ordre de priorité :
- d'abord l'infiltration dans le sol ;
- ensuite, si c'est impossible, le rejet vers une eau de surface ou une voie artificielle d'écoulement (fossé, cours d'eau) ;
- en dernier recours seulement, le raccordement à l'égout.
Ces obligations doivent être respectées dans les projets d'urbanisme et d'urbanisation. Concrètement, votre demande de permis doit démontrer comment l'eau sera gérée. Le SPW Territoire a publié un référentiel intitulé Gestion durable des eaux pluviales, qui sert de base commune aux concepteurs et aux communes.
Les intercommunales d'assainissement jouent aussi un rôle. Dans le Brabant wallon, par exemple, l'intercommunale IBW est consultée. En province de Liège, l'AIDE remet également un avis sur la gestion des eaux pluviales et vérifie les hypothèses de calcul des égouts et bassins d'orage.
Enfin, à la mise en service, le CertIBEau entre en jeu. Tous les immeubles qui sont raccordés pour la première fois à la distribution d'eau doivent faire l'objet de cette certification depuis le 1er juin 2021. L'obtention de ce certificat, attestant de la conformité de l'installation, sera la condition nécessaire pour que le raccordement soit définitivement mis en service. Selon IDELUX, la certification porte notamment sur les éventuelles connexions avec des eaux alternatives (eau de pluie/de puits) ; les traitements et l'évacuation des eaux usées et pluviales. Une citerne mal raccordée peut donc bloquer l'ouverture du compteur.
Ce que prévoit la réglementation bruxelloise
À Bruxelles, le Règlement régional d'urbanisme de 2006 reste la référence. Selon le Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement, dans le cas d'une nouvelle construction, la pose d'une citerne est imposée afin notamment d'éviter une surcharge du réseau d'égouts. Cette citerne a les dimensions minimales de 33 litres par m² de surface de toitures en projection horizontale. Pour 100 m² de toiture, cela représente au moins 3.300 litres.
Attention aussi aux règles locales : certains RCU et PPAS peuvent contenir des prescriptions plus contraignantes que le RRU. Le RCU et le PPAS de la commune concernée sont à consulter lors de la conception du projet.
La Région va plus loin avec la gestion intégrée des eaux pluviales (GiEP), pilier du Plan de Gestion de l'Eau. Bruxelles Environnement la définit comme des aménagements qui stockent l'eau au plus près de son point de chute, puis l'évacuent par infiltration et évapotranspiration : les exutoires sont donc exclusivement le sol et l'atmosphère. Comme ordres de grandeur, les formations de Bruxelles Environnement évoquent un volume tampon d'au moins 25 litre/m² de surface imperméable et un débit de fuite de maximum 2 l/s.ha et de 0 l/s.ha en cas de sol infiltrable.
Deux points d'actualité méritent votre attention. Le projet de nouveau RRU prévoit que toute construction assure la gestion intégrée des eaux pluviales centennales sur le terrain, mais son adoption définitive reste à suivre. Par ailleurs, depuis un jugement d'octobre 2025, certains grands terrains non bâtis font l'objet de conditions renforcées : selon le cabinet Arius, le dossier doit alors contenir le formulaire descriptif, le calcul CBS+ et la note climatique, et ce cadre temporaire doit prendre fin avec le nouveau PRAS.
Les solutions que nous mettons en œuvre
Il n'existe pas de solution universelle. Nous combinons généralement plusieurs dispositifs :
- La citerne de récupération : elle alimente WC, lave-linge et robinet extérieur. Elle réduit la facture d'eau, mais une citerne pleine ne tamponne plus rien lors d'un orage. D'où l'intérêt d'un volume tampon séparé avec vidange lente.
- La noue végétalisée : un fossé large et peu profond, planté, qui stocke puis infiltre. Elle sert aussi de jardin et rafraîchit les abords.
- La toiture verte ou stockante : elle retient une partie de la pluie et en évapore une autre. C'est intéressant en ville dense, quand le terrain manque.
- Les revêtements perméables : pavés à joints élargis, dalles-gazon, graviers stabilisés pour les allées et parkings.
- Le puits ou la tranchée d'infiltration : compacts, mais sensibles au colmatage et au contexte du sous-sol.
Bruxelles Environnement insiste sur l'aspect multifonctionnel : la gestion est qualifiée d'intégrée lorsque ces aménagements occupent un espace multifonctionnel, combinant ainsi des usages hydrauliques, paysagers et urbains. C'est aussi notre approche d'architectes : une noue bien dessinée valorise un projet au lieu de l'encombrer.
Notre méthode, du relevé au certificat
Chez nous, l'eau passe par plusieurs métiers sous le même toit, à Gembloux.
- Le relevé. BimBot réalise le relevé du terrain et du bâti existant par scanner 3D et drone. Pentes, niveaux des seuils, points bas : ces données conditionnent tout le reste.
- L'analyse du contexte. Nous consultons les cartes de WalOnMap. L'atlas du karst et la cartographie des aléas d'inondation et des axes de ruissellement peuvent changer complètement la stratégie.
- Le test de perméabilité. Il vérifie si le sol infiltre réellement. Sur les limons de Hesbaye, les résultats sont parfois décevants.
- Le dimensionnement. Optibim calcule les volumes, les débits de fuite et les surfaces d'infiltration, puis rédige la note hydrologique jointe au permis.
- La conception intégrée. STARC dessine les abords, les niveaux et les descentes d'eau en cohérence avec l'architecture et les techniques spéciales.
- La réception. En Wallonie, en tant que certificateur agréé, Optibim peut établir le CertIBEau à la fin du chantier.
Les pièges à éviter
- Oublier l'eau dans le budget. Terrassements, citerne, noue et plantations représentent un poste réel. Mieux vaut le connaître dès l'avant-projet.
- Infiltrer trop près des fondations ou d'une cave, surtout en rénovation de bâti ancien.
- Supposer que le sol infiltre sans le tester. Un refus d'infiltration découvert tardivement impose de revoir le plan des abords.
- Envoyer l'eau chez le voisin. Le Code civil interdit de faire s'écouler les eaux de toiture sur le fonds voisin, et cela reste une source fréquente de conflits.
- Négliger l'entretien. Bruxelles Environnement recommande de définir un gestionnaire / responsable chargé de s'assurer de l'entretien des dispositifs. En copropriété, cette question doit être réglée dès la réception.
- Mal raccorder la citerne au réseau intérieur. Un mélange entre eau de pluie et eau de distribution est un motif classique de CertIBEau non conforme.
Vous préparez une construction, une rénovation ou un projet de logements en Wallonie ou à Bruxelles, et la gestion de l'eau vous pose question ? Les équipes de STARC et d'Optibim peuvent analyser votre terrain, dimensionner les dispositifs et préparer la note à joindre à votre permis. Contactez-nous à Gembloux pour en parler.
